LA PERVERSION NARCISSIQUE

Mis à jour : mai 26


Toutes les personnalités se retrouvent dans le libertinage, comme dans tous milieux ou groupes. Le but de libertiner est de se faire du bien en toute liberté, c'est une démarche parfois thérapeutique. Mais il arrive que des rencontres fassent mal et laissent des séquelles qui peuvent s'avérer grave. Il est donc vital de se protéger, veiller à rester soi-même et se respecter.


Libertinism-support souhaite aborder ce sujet car le libertinage peut amener à des rencontres nuisibles pour soi, pas toujours aussi légères qu'on pourrait le penser.


Qu'est ce qu'un pervers(e)?


Un(e) pervers(e) aime à accomplir des actes cruels ou immoraux, peut se révéler sadique, malveillant(e), mauvais(e), malsain(e), démoniaque ; enclin à faire le mal volontairement, le tenter par des moyens détournés, et dépourvu de sentiments et de sens moral.

C'est aussi un sujet dont le comportement sexuel s'écarte de la normalité, dévie des bonnes mœurs ce qui peut amener à un amalgame avec le libertinage.


Qu'est ce que le narcissisme ?

A l'origine Narcisse s'est extasié devant le reflet de son visage dans l'eau ; il s'admire, admire tout ce qui le rend admirable, se désire et est à la fois son propre amant et l'objet aimé. Il est amoureux de sa propre image. Ne pouvant s'aimer assez fort, Narcisse en est mort par dépérissement. Il est alors transformé en fleur, un narcisse.

Le narcissique est admiratif de lui même, aime à se contempler, a une confiance en lui excessive le menant à égocentrisme, il s'aime plus que de raison mais se croit indigne de l'amour de l'autre et incapable d'aimer l'autre. Il n'a donc aucune empathie et aime à dévaloriser, à rejeter la faute sur l'autre puisque lui seul a raison.


La combinaison des 2, pervers et narcissique, un cocktail explosif :


Le pervers narcissique (P.N.) est considéré en médecine comme souffrant d'un trouble mental et pourtant il peut apparaître aimable, sympathique, joyeux en société, organisé et réfléchi. Il peut même sembler une personne idéale, gentleman aux yeux des autres. Il est dénué d'une fausse empathie vis à vis de l'autre, fait semblant de s'intéresser à sa victime pour mieux la manipuler et l'écraser ensuite.

S'il ne réussit pas la première fois, il reviendra à la charge, s'excusant platement pour mieux recommencer le manège infernal, la spirale qui peut être sans fin si la victime ne réagit pas, n'agit pas.

Il n'agit que s'il n'a aucune crainte d'être démasqué. Pour lui l'intelligence se place dans le fait de manipuler les autres.


Il assujetti sa victime, a une emprise sur l'autre, le manipule, que ce soit dans le domaine familial, sentimental, professionnel ou sexuel. Il profite d'une victime fragile et n'a aucune culpabilité à la faire souffrir puisqu'il ne croit pas en l'amour, pense que c'est un sentiment utopique, que celui qui y croit est une personne naïve puisque pour lui l'amour n'existe pas. Il va donc utiliser cette naïveté contre l'autre, en jouer sans aucun scrupule puisque l'autre y croit.


Les personnes très empathiques, sensibles aux sentiments d'amour, sont des proies très intéressantes pour lui ; même s'il les envie, il est incapable de ressentir les mêmes choses. Sa seule parade est de dévaloriser la personne empathique pour qu'elle perde confiance en elle, et ainsi en faire une poupée de chiffon, son souffre douleur.


Il est dans l'action car cela lui évite de penser et réfléchir, il est donc très peu dans le fantasme, n'a pas ses propres opinions, ne pense pas par lui-même, ne défend rien ni personne.

Par contre, lorsqu'une personne arrive à le contrer, est plus forte que lui, utilise son intelligence différemment (pour se protéger elle-même), le P.N. fuit car il perd ses moyens, perd toute confiance en lui. Il a conscience qu'il a perdu le pouvoir sur l'autre, mais n'a pas conscience qu'il a perdu une personne qui l'aimait, puisqu'il ne comprend pas l'amour ; pour lui le sentiment d'amour représente le fait d'être soumis, ignorant de ce qui est vraiment important selon lui : le pouvoir sur l'autre.


En « amour », le P.N. manipule, profite de la gentillesse de l'autre, a le contrôle de ses émotions.


Le processus est bien ficelé : tout d'abord le P.N. va longuement séduire afin que ce processus de séduction reste bien en mémoire, qu'il puisse y revenir, rappeler ces moments de pur bonheur et de sérénité. Cette période de séduction sera sa période de référence pour raccrocher sa victime plus tard, en profiter pour le/la culpabiliser, lui dire clairement qu'il/elle en est responsable.


Dire et redire que l'autre est en faute fait de la victime une personne vulnérable, fragile. La victime aveuglée par l'amour n'a pas conscience qu'elle n'est pas heureuse, ne sait plus ce qu'est le bonheur, n'est pas épanouie, ni réellement amoureuse, mais sous emprise.


La relation est dite toxique et il est difficile de s'y projeter. La souffrance de la victime est telle que l'avenir est secondaire, et même impossible à envisager. Le présent est déjà tellement lourd à gérer, que lui seul compte.

Sont vécues des moments furtifs de bonheur, mais la majorité du temps est faite de mal être, de pleurs, et de doutes sur soi-même.


Lorsque la victime demande plus d'attentions, de bonheur, de bien-être, de fidélité, de gentillesse, lorsque ces demandes ne sont pas acceptées ni réalisées par le bourreau, il est essentiel de mettre fin à la relation. Si les sentiments sont destructeurs, à quoi bon continuer.


Mais le P.N. Ne s'arrête pas là ! La défaite pour lui/elle est amère. La personne P.N. Peut revenir, s'excuse platement, admettre qu'elle a été excessive, convaincre sa victime de sa sincérité, mais seulement pour mieux recommencer à la culpabiliser, la faire passer pour fou/folle, continuer de la dégrader tant que la défense ne sera pas suffisante.


Qu'en est-il de la sexualité du P.N.

Le/la P.N. a très souvent une emprise sexuelle sur sa victime et va contraindre à aller vers des comportements extrêmes. Globalement, les P.N. ont des pratiques sexuelles qui concordent avec le fait qu'ils ne croient pas en l'amour ; il/elle se sert de sa victime pour assouvir son besoin de détruire l'autre. Ce que la victime pense n'a aucune importance ; il n'entend rien, que lui-même. La contrainte forcée peut aller jusqu'au viol, à l'agression sexuelle, à la violence physique. Le P.N. culpabilise l'autre, lui reproche tout, l'encourage à se laisser faire, ignore sa victime pour qu'elle cède lorsqu'il reviendra à la charge. Le silence imposé à l'autre est une mort sociale qui assouvit l'autre. La victime se retrouve seul(e) avec sa souffrance.


Comment s'en sortir ?


Il faut différencier l'attitude et la personnalité de la personne P.N. car il peut simplement s'agir d'une attitude égoïste. Tout le monde n'est pas P.N. non plus.... Il existe aussi des égocentriques, des apathiques, des égoistes.


Imposer son envie, ses désirs, imposer sa propre personne pour que la relation soit équitable, respectueuse, sereine est complètement légitime. Faire l'inverse de ce que demande un P.N. ou ce qu'il oriente implicitement, de manière masquée, cachée, perverse est une protection, rester soi-même.


Penser à soi, faire ses propres sorties, pratiquer un sport, méditer, se faire plaisir contribue à se sentir mieux dans son corps puis dans son esprit, et lorsque cet objectif est atteint, il sera alors possible de gagner une autonomie dans ses propres sentiments, savoir ce que l'on veut et ne veut plus. Réussir à s'en sortir grâce à l'intelligence du cœur.

Agir dans son sens, c'est permettre au P.N. d'utiliser l'amour qu'on lui porte pour manipuler, faire de l'autre ce qu'il veut, en faire sa chose, aller jusqu'à le faire souffrir, ce qui le fait jouir. C'est son fonctionnement inébranlable.


Se faire aider par ses amis, un professionnel de santé (psychologue, thérapeute), se recentrer sur soi, ne côtoyer que des personnes bienveillantes.

Oser l'affronter, lui dire ce qu'il/elle est, lui montrer qu'on n'est pas naïf/naïve, ne pas ménager ses mots, mettre face à la réalité, menacer de porter plainte pour harcèlement moral, réunir des preuves, des témoignages. L'effet miroir est efficace pour qu'enfin la victime quitte son statut de victime.

N'oublions pas que c'est une pathologie nommée « trouble de la personnalité narcissique », que le fait de ne pas savoir ce qu'est l'amour envers l'autre, refuser son existence est une souffrance qui reste insoluble pour la personne qui en souffre. La seule solution est sans doute de partir, s'enfuir, l'éviter, l'oublier, penser que c'est un mauvais rêve et se faire aider pour se reconstruire.

Protégez-vous, restez vigilants, mais ne pas rester sur ses gardes avec les personnes respectueuses et bienveillantes envers vous et envers les autres. Accepter et reconnaître la qualité empathique, accepter de se faire aider, de faire confiance, prendre le temps de bien connaître l'autre.

Il ne s'agit pas de juger, mais de se protéger.


Rappelons nous que le libertinage responsable prône les valeurs de respect de l'autre et qu'il est dangereux de s'aventurer dans des pratiques extrêmes sans règles établies, les écrire ensemble, en les négociant, pour ne pas les dépasser et se laisser embarquer dans une souffrance mentale destructrice. Les pratiques définies peuvent bien sûr évoluer, mais toujours sans souffrance morale ni mentale ; un Maître/Une maîtresse se doit de protéger son soumis/sa soumise, et protéger sa santé physique et psychologique. Le respect mutuel est une priorité.


Certains tenteront une expérience BD/SM soft qui peut s'avérer transcendante, veillez à ce que cela reste bienveillant, empathique, dans le plaisir et surtout consenti, en accord avec ce que vous êtes.


Vous aurez pu le lire, le statut de P.N. concerne aussi bien les hommes que les femmes. Le fonctionnement est strictement le même, seul le vocabulaire peut différer et la volonté de nuire dans l'entourage. Ne dit-on pas que les femmes sont des salopes ou des garces ! Dans ce contexte, les connotations sont différentes bien sûr, mais bien réelles.


Des femmes P.N. attirent des hommes par leurs pratiques sexuelles débridées, les font rêver puis leur font les pires misères. Elles aiment avoir leur cour, leur admirateurs, leurs soumis. Des hommes aussi souffrent mentalement, moralement, voire même physiquement lorsqu'ils sont amenés à rencontrer ces femmes perverses narcissiques. Une seule solution : fuir et se protéger.

Les P.N. n'hésitent pas non plus à saisir des proies sur les sites de rencontres ou sur les réseaux sociaux. Prendre conscience que l'on est happé par une personne que l'on a jamais vu, être dépendant(e) alors que la relation est virtuelle, c'est se sauver soi-même. S'en débarrasser simplement par l'effet miroir, dire que l'on connaît son manque d'empathie, sa pathologie, que l'on n'est pas naïf et en parler à des personnes de confiance.

Il existe plusieurs types de pervers narcissiques qui seront développés dans un autre article :

  • le narcissique manifeste

  • le narcissique secret ou vulnérabilité narcissique

  • l'hypervigilant

  • le narcissique inconscient

  • le narcissique exhibitionniste

  • le narcissique sexuel

N'oublions pas que les pervers ne sont pas que masculins. Hommes et femmes sont touchés par cette pathologie, même si le hommes sont plus concernés par cette maladie.


Libertinism-support ne vous veut que du bien, vous informe pour votre bien-être, vous aide à poser des mots sur vos ressentis lorsque cette situation est ou a été vécue.


L.S. vous conseille le livre "Les abusés" d'Anne Parillaud

et cette petite vidéo : https://vimeo.com/69100835

89 vues1 commentaire